La première guerre mondiale a engagé un nombre considérable d'hommes : la fin du tirage au sort en 1905 a en partie mené à l'armée massive qui prit part au conflit. Nous avons plusieurs cas individuels possibles :

— L'individu engagé dans les actions militaires.

— L'individu touché par la guerre.

Sachant que l'un et l'autre se rejoignent : le militaire est auparavant un civil, le civil est parfois un militaire en puissance, et le militaire est, après-guerre, un civil touché par la guerre.

 Le civil devenant militaire

Sur ce point, nous renvoyons évidemment au recrutement.

Le militaire

Qui a fait la guerre ?

La source régulière : la fiche matricule

Bien que la guerre mène inévitablement à la destruction, on partira toujours du vivant plutôt que du mort. Le registre matricule nous fournit les informations concernant les campagnes auquel un individu a participé. Comprenons bien que ces « campagnes » sont une histoire de pension et de jours comptés. Ainsi les descriptifs peuvent très vite s'allonger entre « intérieur » et « armées », s'ajoute à cela les blessures et la captivité. Combattant 14-18 consacre une page à ce sujet. Ainsi, sur la fiche de Jules Gossart :

Capture julesgossart

Il fut considéré en campagne du 12 août 1914 au 26 janvier 1919 : du 12 août 1914 au 21 février 1916 aux armées (jour de sa capture à Samogneux), du 22 février 1916 au 8 décembre 1918 en captivité, et du 9 décembre 1918 au 27 janvier 1919 à l'intérieur en campagne simple. Les affectés spéciaux furent par exemple nombreux dans le secteur des mines, et s'il firent une partie de la guerre aux armées, ils la terminèrent en travaillant à l'effort de guerre, donc en « intérieur ». Il faut cependant toujours recouper ce récapitulatif avec le descriptif détaillé du parcours militaire : l'un complète souvent l'autre.

Par là, la fiche matricule nous permet de savoir si un individu a participé militairement à la première guerre mondiale, et d'approfondir la recherche en ce sens. On invitera cependant le chercheur à la méfiance : les manques sur ces fiches et les oublis ne sont pas rares.

Lorsque les registres sont détruits

Les généalogistes qui ont de la famille flamande connaissent bien le problème : les fiches matricules ont été en grande partie détruite. Bien souvent, il ne reste qu'un « feuillet nominatif de contrôle » qui, lorsqu'on a de la chance, est quasiment vide. Les seules sources directes restantes sont alors celles des militaires décédés et des militaires redevenus civils. Cependant, d'autres sources sont possibles, mais nécessitent une indexation complète. Il me semble logique que si les contrôles de troupe étaient indexés ainsi que les noms cités dans les JMO, on pourrait pallier au manque des registres matricule et, puisqu'une base de données permettrait une recherche par nom, le chercheur pourrait trouver le parcours d'un individu sans le connaître à l'avance, c'est à dire, sans savoir déjà où chercher.

Jusqu'où la guerre l'a-t-elle amené ?

Le parcours

La fiche matricule détaille le parcours, tout comme, j'imagine, les contrôles de troupe. Les Journaux des Marches et Opérations, pour beaucoup numérisés, fournissent au chercheur quand ils sont bien tenus ou lorsqu'ils ont pu être conservés le détail du parcours d'une unité. Indexer les noms contenus dans ces journaux me semblerait être une entreprise utile. Je renvoie encore une fois ici à Combattant 14-18, qui, comme son nom l'indique, s'est spécialisé dans la reconstitution du parcours d'un combattant de 14-18. Les JMO ne mentionneront fort probablement pas l'individu — sur tous ceux qui ont fait 14-18 dans mes recherches, je n'ai trouvé personne — s'il n'était que soldat ou caporal, encore moins s'il fut tué lors d'une hécatombe (le 16e BCP pour le 25 septembre 1915 est décimé : il dresse une simple comptabilité après coup). Cependant, si vous avez son numéro de compagnie, vous pourrez avoir une idée de son parcours précis. J'ignore où trouver ce numéro à coup sûr : il est peut être dans les contrôles de troupe, parfois mais rarement il est indiqué dans les fiches matricules, et pour un prisonnier de guerre, vous le trouverez dans les documents de la croix rouge. Enfin, faute de source, vous pouvez vous reporter aux décorations et aux documents du retour à la vie civile.

Les journaux des marches et opérations numérisés sur le site Mémoire des hommes.

Aux AD59, vous trouverez des archives du renseignements concernant des officiers et des soldats en 9 R 916.

Les blessés

Les blessures sont souvent mentionnées sur la fiche matricule, bien qu'il reste toujours la possibilité qu'elles n'y soient pas mentionnées. Je ne connais pas la marche à suivre pour explorer ce cas.

 

Les prisonniers

 La captivité est mentionnée sur la fiche matricule, même tardivement. La plupart des captifs sont en réalité des disparus au début. La Gazette des Ardennes a publié des listes de prisonniers de guerre : ce journal est numérisé et disponible en ligne, et vous pouvez y faire une recherche (un célèbre site de généalogie commerciale propose le même service mais payant). Ces listes ne sont pas exhaustives, Jules Gossart, mentionné au dessus, n'étant pas dedans.

Les listes de la Gazette des Ardennes numérisées et cherchables

Vous pourrez également consulter les documents de la croix rouge. Je vous déconseille la recherche par nom : « Gossart » vous amènera trop loin, car ce nom est en réalité rangé avec « Gosard / Gossard / Gossart » etc... Le principe est le suivant, vous recherchez la fiche de la personne en question. Ainsi, pour Jules, je trouve la fiche (4566 est son matricule, et il était soldat au 351e RI), et clique sur « Plus d'informations sur cette personne ». Notez qu'ici, vous avez son numéro de compagnie.

GOSSARTJules cap1GOSSARTJules cap2

Sur la page suivante, il vous suffit de rentrer la référence indiquée sur la fiche : P37468. Et ainsi vous avez accès aux documents auxquels renvoient la fiche.

GOSSARTJules cap3

Le recherche ne s'arrête pas là. Il est possible de trouver plusieurs fiches pour un même soldat. Enfin, pour comprendre les listes auxquelles ces fiches renvoient le plus souvent, vous pourrez utiliser un glossaire des abréviations. Aussi, n'oubliez pas qu'il y a deux fichiers.

En soi, la plupart de ces documents n'apportent pas d'informations vraiment particulières : c'est au cas par cas. Pour résumer, de ce que j'ai pu trouver :

— la captivité lorsque celle-ci échappe aux autres sources

— le numéro de compagnie

— le lieu d'internement et parfois les lieux de passage

— les personnes à contacter, et donc leur adresse d'évacuation lorsqu'ils ont fui une zone occupée.

— des informations aléatoires (état de santé...)

Vous trouverez aux AD59 des avis d'internements, rangés par arrondissement, en 9 R 1118-1120, ainsi que des archives du renseignement sur les prisonniers en 9 R 917.

Les blessés

 Les blessures sont, comme pour le reste, indiquées sur la fiche matricule (souvent avec la cause et le détail des conséquences physiques). Le passage du soldat dans les hôpitaux doit, théoriquement, avoir donné lieu à une production d'archives : ceci est à creuser.

À noter qu'en AD59 9 R 1127, certaines demandes de renseignements concernent des soldats blessés ; voir également 9 R 1115-1116.

Les morts

La guerre mondiale, c'est la mort en masse. Comprenons donc en quoi consiste un « mort » : l'imagerie populaire, c'est la charge suicidaire, l'obus qui défigure. Mais le parcours d'un mort est complexe : les autorités en ont produit tellement qu'ils furent un véritable casse-tête des années après 1918.

La mort se constate. Pour que quelqu'un soit tué à l'ennemi, il faut des témoins : autrement il est disparu — ce qui ouvre des possibilités comme la captivité ou la désertion. Lors d'une hécatombe, les témoins manquent, et les disparus sont nombreux. Le mort est alors celui qu'on retrouve.  Mais l'identification n'a pas été développée et suivie dès le début : en 1914, la fosse commune était de rigueur ; selon le camp qui s'occupait des corps, les procédés variaient entre les tombes individuelles et les fosses communes. Les cimetières n'étaient pas à l'abri des bombes, et on vit même le cas où, après la guerre, des paysans pressés de reprendre leurs terres ont labouré des tombes isolées, et des familles procéder à des exhumations sauvages. J'invite le lecteur à lire Le ballet des morts de Béatrix Pau, qui traite du parcours des morts dans l'administration française. Le film de Bertrand Tavernier avec Philippe Noiret, La vie et rien d'autre, aborde également le sujet. On peut donc, pour résumer, être disparu puis tué à l'ennemi ensuite — c'est à dire être retrouvé — mais avoir ou non une sépulture.

Tous les morts ne se valent pas aux yeux de l'administration. Il y a les Morts pour la France, et ceux qui n'ont pas de mention, appelés également Non-Morts pour la France. Les fusillés en font partie, mais également ceux dont le décès ne se rapporte pas à une opération militaire. Un militaire décédé dans le civil, par exemple.

La première source, et la plus logique, c'est l'acte de décès qui renvoie aux informations établies parfois sur des années. Le problème est qu'il est fastidieux de le retrouver sans avoir l'information au préalable. Des communes ont vu leur état-civil détruit, et les disparus ne furent déclarés morts que dans les années 1920. Enfin, sachez qu'il existe des registres d'état-civil des régiments et des hôpitaux militaires. Ils sont conservés aux Archives Nationales, et peuvent apporter des informations complémentaires aux autres sources que je vais mentionner. Entre autres, les témoins nécessaires pour le constat de décès y sont mentionnés.

La fiche matricule nous donne la plupart du temps l'information. Cependant, la source la plus commode est la base de données du site Mémoire des hommes.

Les Morts pour la France

Ils sont recensés dans la base de données de Mémoire des hommes  (attention pas forcément exhaustive) essentiellement. Ces fiches renvoient au matricule de recrutement et à l'état-civil. Elles donnent le lieu de décès et la cause en termes réglementaires. En bas, vous trouverez également le lieu de la retranscription de l'acte de décès, le plus souvent, le dernier lieu d'habitation connu.

Les monuments aux morts et les livres d'Or ne sont pas non plus exhaustifs, et même beaucoup moins pour les monuments. Un nom peut se retrouver sur plusieurs monuments, et son inscription n'est pas obligatoire. Enfin, on peut inscrire d'autres noms, comme ceux de civils, parmi les militaires. Monuments, livres d'or et autres sources ont été relevés dans la base MemorialGenWeb.

Fiche matricule, et fiche « Mort pour la France » nous indiquent le jugement de décès pour les disparus. Prenons encore pour exemple mon bisaïeul :

MPLF BINCTEUX Charles Louis

Le jugement a été rendu le 9 décembre 1920 pour établir le décès. Si l'on regarde une autre fiche, par exemple celle de Cyrille Antheunes, aumônier au 110e RI tué à Craonne en 1917 :

MPLF Antheunes

Le jugement a été transcrit directement ou presque. J'imagine qu'il y a donc plusieurs raisons. Premièrement, la situation du corps : le JMO du 110e ne mentionne qu'un mort (Cyrille Antheunes) à cette date, probablement tué par les tirs d'artillerie :

JMO Antheunes

J'ai pu remarquer que les registres d'état-civil étaient parfois plus précis que les « fiches » quant aux circonstances de la mort, ce qui est d'ailleurs peu orthodoxe sur le plan légal. Les sources se complètent.

Quant à Charles Bincteux, c'est une situation complètement différente. L'offensive du 25 septembre 1915 a décimé le 16e bataillon de chasseurs à pied, comme nous le montre le JMO. Son corps n'a probablement jamais été retrouvé : c'est un « disparu ». Il n'y a d'ailleurs pas de « tué » dans le compte final au 30 septembre 1915, mais le chiffre saisissant de 685 « disparus ».

JMO Bincteux 1

JMO Bincteux 2

Les jugements de décès peuvent également refléter la situation administrative compliquée au cours de la guerre : Bauvin est une commune occupée par les allemands, tout comme Lille. Ainsi, un autre des mes bisaïeux, Henri Dufour, du 72e RI, est tué le 1er octobre 1914 au Four-de-Paris (hameau disparu dans le secteur de Vienne-le-château) :

MPLF DUFOUR Henri

Les troupes anglaises ne passeront dans le secteur (Pont-à-Vendin, Meurchin, Estevelles...) que le 18 octobre 1918. Dans ce cas, nous savons que la mort était connue auparavant, et que cette transcription tardive est dûe aux aléas administratifs. Premièrement, il est précisé qu'il vivait à Bauvin. Enfin, nous avons le renseignement dans une source annexe (j'empiète sur ma partie concernant les civils). Sa famille a évacué probablement en 1914 lors de l'occupation : leur parcours les a mené jusqu'à Lyon. Sa femme, Louise Delmotte, y décède de maladie en mars 1916. Le registre des convois funéraires de Lyon nous donne pour renseignement lors de son inhumation le 11 mars : (image complète)

 cap delmotte

En revanche son acte de décès donne une indication contraire :

D DELMOTTE Louise

D'une manière ou d'une autre, l'information avait été demandée, ou était parvenue à la famille ou à la municipalité. Remontons encore, et regardons l'acte de décès transcrit à Paris :

D DUFOUR Henri fils

Le décès n'a donc pas attendu 1918 pour être transcrit... mais juin 1916, à Neufour dans la Meuse.

Pour finir, voici le jugement de décès de Charles Bincteux. On voit bien la différence entre le jugement de décès et la fiche MPLF : Charles a disparu le 25 septembre 1915, tandis que de l'autre côté il a été tué à l'ennemi ce même jour. J'imagine que la fiche a été établie après le jugement.

MPLF BINCTEUX Charles Louis 3cmp

La recherche des morts, et surtout des disparus, fut pour les familles une épreuve sans aucun doute très difficile. Les demandes de renseignements en AD59 9 R 1127 sont des pièces difficiles à lire : dans ces lettres, transparaît la détresse d'une famille ou d'une épouse, incapable de savoir si elle vit encore avec un vivant, ou déjà avec un mort.

Des listes de tués et de disparus ont été établies par arrondissement en 9 R 1121-1126.

 

Les « Non-Mort pour la France »

 

Non-Mort pour la France n'est pas une mention, mais le contraire. La majorité des morts ont obtenu la mention : un peu moins de 100 000 autres ont été concernés par le cadre militaire de la première guerre mondiale sans que les autorités aient considéré que leur décès y soit directement lié. On pourrait discuter ce jugement administratif, et c'est bien le but de l'interprétation du chercheur : mais les sources telles qu'elles sont fonctionnent ainsi. Les cas sont assez variés, mais la majorité concerne des maladies contractées hors service ou des accidents (de travail et autres). Certains cas sont des suicides. Vous pouvez rechercher ces « Non-Mort pour la France » sur Mémoire des hommes, en sélectionnant le filtre en question dans le champ « mention ». En tout, la base contient un peu plus de 93 000 noms concernés, dont 2500 originaires du Nord et 1300 du Pas-de-Calais.

Quelques exemples :

Georges Abruth, décédé de maladie alors qu'il était détaché (soit en « intérieur » bien que mobilisé) ;

Louis Accart, décédé alors qu'il était vraisemblablement affecté aux Mines à Auchel (id.) ;

Charles André, mort noyé à Arques (62), soit hors du service ;

Marceau Avet, suicidé le 30/06/1916 à Cappy (80) ;

Un cas particulier, qui montre que ces fiches concernent également des civils. Florimond Anselin, natif de Roubaix, est décédé le 8 septembre 1914 à Dunkerque, noyé lors de son embarquement sur un bateau à vapeur. Dunkerque vit en effet arriver des flots de réfugiés de Belgique puis de la région lilloise à ce moment là. Sa fiche mentionne bien le fait qu'il soit un civil.

 Il y a également le cas bien connu des fusillés : vous pourrez trouver leurs dossiers sur Mémoire des hommes.

 Qu'en reste-t-il ?

Les sépultures militaires et civiles

Comme je l'ai déjà mentionné, le parcours d'un mort fut assez chaotique. Quoiqu'il en soit, un corps retrouvé et « inventorié » après la guerre pouvait avoir deux parcours différents. L'une, par défaut, la sépulture militaire à perpétuité, et l'autre, au choix des familles, à savoir l'inhumation dans le cimetière communal.

Sépultures militaires

La plupart des sépultures militaires sont indexées sur Mémoire des hommes. Cette base recense les noms des nécropoles nationales et des carrés communaux entretenus par le ministère de la défense. Les cimetières des anciennes colonies n'y sont pas. C'est pourquoi on pourra compléter la recherche avec MemorialGenWeb.

Le problème est bien plus vaste lorsque l'on connaît la mort d'un soldat, mais que la recherche de sa sépulture reste sans résultat.

Sépultures civiles

Les familles pouvaient faire le choix de prendre en charge l'inhumation du défunt. En somme, le corps leur était rendu, et on l'inhumait dans le caveau familial. On trouve encore, de temps à autre, de ces pierre tombales où la mention d'un poilu est mise en avant.

(clic-droit => afficher l'image)

GELOEN CHIROUTER GELOEN STAES

 

La présence de décorations, comme vous pouvez le constater, n'est pas rare sur ces tombes, bien qu'elles dépendent probablement de la situation sociale de la famille des défunts. Les sépultures civiles peuvent fournir toute une variété de renseignements, qui restent malgré tout à prendre avec précaution. Prenons le cas de Marcel Sepieter. Si nous lisons la pierre tombale, il fait bien partie de ceux qui "ici reposent à l'ombre de la croix". Or, une petite recherche sur Sépultures de guerre nous indique que Marcel Sepieter... est enterré à la Nécropole Nationale Faubourg Pavé à Verdun, tombe n°336. L'hypothèse d'une simple plaque en hommage est plus que probable, mais appliquons un doute méthodique. Il est tout à fait crédible que, d'une manière ou d'une autre, des corps aient été confondus. Sans preuve supplémentaire, il est impossible de dire si Marcel Sepieter est enterré à Bailleul plutôt qu'à Verdun, ou si il y a deux corps, dont l'un est Marcel Sepieter et l'autre, un autre. C'est pourquoi il est impératif d'avoir des sources supplémentaires et de ne pas rester sur la sépulture en elle-même.

Les transports de corps à destination des familles ont, théoriquement, été tracés. Cependant, ces fonds restent assez inégaux. Par exemple, aux Archives municipales de Lille, on trouve en 4 H / 255 : Cimetières, transport et inhumation de soldats, 1915-1979. Ainsi faudrait-il fouiller les archives communales, plus encore que départementales. Les AD59, par exemple, ne contiennent rien à ce sujet. Encore une fois, en théorie, les communes doivent tenir un registre des concessions du cimetière. Mais c'est loin d'être un cas régulier.

Enfin, il faut savoir que bon nombre de sépultures de combattants n'existent plus. C'était l'un des arguments, formulés à l'époque, pour interdire aux familles de récupérer les corps des militaires : le risque de disparition, d'abandon. Force est de constater qu'il s'est vérifié depuis. Il arrive parfois que les sépultures soient entretenues, mais que les pierres tombales, autrefois très détaillées, soient remplacées par des neuves, comportant seulement le nom de la famille sans plus d'informations.